En 2003, Maurício Dias et Walter Riedweg menèrent à bien un travail de mémoire orale sur la prostitution masculine dans le quartier du Raval à Barcelone. Sur les dix-huit prostitués contactés, onze acceptèrent d’y participer. Interviewés dans un appartement du quartier, leurs vrais visages et leurs vrais noms ne furent pas révélés. Selon que l'entretien fût mené par Maurício Dias ou Walter Riedweg, ils portaient un masque à l'effigie de l'un ou de l'autre, de sorte que la personne interviewée parlait toujours à un sosie. Au fil des conversations sur leurs origines, leur formation et leur travail, ils finissent par parler aussi de la perception du corps, du temps et de la voracité de la vie. Dias & Riedweg décidèrent de filmer les corps de très près, transformant leurs poils, leurs marques et leurs formes en paysages abstraits. « Le corps comme terre d'origine et comme territoire étranger. Le corps comme un port d'où partir et comme une île où arriver », expliquaient les artistes. La prostitution étant une question urbaine, tout comme la circulation, ils écrivirent en blanc sur le bitume de la rue située sous l'appartement où le tournage fut réalisé : « Voracité maximale ».