Lorsque Claudia Andujar, née en Suisse, arrivée au Brésil en 1955, le peuple yanomami, ainsi que d'autres cultures autochtones, ne bénéficiait d'aucune reconnaissance territoriale ou politique. En 1971, elle effectua son premier voyage sur les terres yanomamis et s’impliqua activement dans la défense de leur cause. En 1978, elle créa la Commission Pro-Yanomami (CCPY), participa à la délimitation de leurs terres et présenta au gouvernement brésilien une lettre demandant leur reconnaissance, qui fut finalement accordée en 1992. Ses photographies, comme celles qui composent "Sonhos Yanomami" (2002), témoignent de son engagement envers cette culture. Il s'agit d'un polyptyque photographique sur le rapport entre la cosmologie yanomami et le monde des rêves : une vision cosmique dans laquelle la signification des rêves est intimement liée à la connexion avec les esprits et la nature, ainsi qu'à la perception du monde au-delà du visible. Cette culture considère que tous les êtres vivants sont connectés les uns aux autres, que la nature fait partie de nous-mêmes et qu’il faut établir avec elle un rapport harmonieux et non instrumental.