Avec ses lettres de néon sur le mur, Peter Friedl nous rappelle que l’écriture est aussi une forme de dessin. Son "Badly Organized" ["Mal organisé"] reprend la lettre manuscrite d’Herbert Marcuse, un des pères spirituels de la révolte étudiante des années soixante et collègue de Theodor Adorno à l’Institut de recherche sociale de Frankfort. Un jour, un éditeur américain avait refusé la traduction en anglais du livre d’Adorno "Philosophy of New Music", argumentant qu’il était « mal organisé ». Que Friedl ait utilisé la lettre de Marcuse implique un positionnement aux côtés de ce penseur, qui reprochait à Adorno son fort scepticisme et sa faible théorie sociale. Friedl s’aligne sur ces postures qui défendent que l’art doit soutenir la vie. Comme dans son œuvre dessinée, ou aussi dans ce néon aux résonnances philosophiques et à la sémantique polysémique qui invite à des lectures multiples, il semble que l’artiste se demande comment construire une subjectivité capable d’agir réellement.