Dans ses premières œuvres, Matt Mullican utilisait l'hypnose comme outil de création et faisait appel à un alter ego nommé Glen. Au fil du temps, il s'est intéressé à d'autres mécanismes pour explorer le sujet et son rapport au monde, comme dans cette grande installation, M.I.T. Project, qui tire son nom du premier lieu où elle fut présentée : le Massachusetts Institute of Technology de Boston, en 1990. Comment construisons-nous notre image du monde ? En quoi consisterait un répertoire des mécanismes du moi ? Avec sa multiplicité d'objets et son code chromatique, Matt Mullican nous invite à approfondir ces questions. Tout y est : le vert du monde matériel et de la nature, avec ses cristaux, ses insectes, ses minéraux et ses fossiles ; le bleu de la ville, des personnes, des actions et de la technologie, avec toute sa batterie d'inventions ; le jaune éthéré de la connaissance et des arts ; le noir du langage et de toute sa symbolique, et le rouge de la subjectivité et de la spiritualité, où est projetée une performance réalisée par Matt Mullican à Zurich en 2003 dans laquelle, en état d'hypnose, l'artiste renie son corps.