George Condo naquit à Concord, dans l'État de New Hampshire, à la fin des années 1950. Lorsqu'il arriva à New York, dans les années 1980, il s’imprégna de l'énorme énergie créative de la ville à cette époque. Il travailla avec Andy Warhol, rencontra Jean-Michel Basquiat et collabora également avec Keith Haring et William S. Burroughs. Mais Condo réussit à trouver sa propre voie, inspirée à la fois par la tradition picturale du portrait et par le langage de la bande dessinée underground. S’intéressant aux états psychologiques et au monde intérieur, ses personnages oscillent entre l'esthétique du monstre et la recherche sociologique. Condo parvient, comme peu d'autres, à scruter l'âme humaine contemporaine. Avec une esthétique vaguement proche du cubisme et des clins d'œil au monde de la bande dessinée, ses personnages déformés, multiformes et métamorphiques passent par les hauts et les bas des émotions : angoisse, colère, joie, peur, dégoût, surprise... Des portraits fracturés et un imaginaire tourmenté qui révèlent, avec une intensité extraordinaire, la nature fragmentaire et ineffable des pensées et des sentiments. Plus que d'émotions ou d'états d'âme, nous devrions parler, dans l'œuvre de Condo, d'éruptions et de champs de force.